Langues économiques et lettres muettes

J’ai réalisé combien il était formidable à quel point le français est une langue muette (au sens où ses lettres le sont). C’est peut-être même une des langues européennes les moins économiques. Dans ce texte, j’ai mis en rouge les lettres qui ne s’entendent pas (y compris dans les sons constitués de deux lettres comme « an« ). J’ai ensuite traduit (plus ou moins approximativement) ce petit commentaire en quelques autres langues de ma connaissance pour comparaison (vous excuserez les petites fautes éventuelles).

Allemand

Ich realisierte, wie viel war es unglaublich, dass die französische Sprache ein gedämpftes Sprache ist (in dem Sinne, dass seine Buchstaben sind). Es kann sogar eine der weniger sparsame europäischen Sprache sein. In dies Text, habe ich die Buchstaben in rot gemachen, die werden nicht gehört (zwei-Buchstaben Tone wie « an » auf Französisch enthalten). Dann übersetzte ich (mehr oder weniger ungefähr) dies kleinen Kommentar in wenige Sprachen dass ich meistere (bitte verzeihen Sie die kleine Fehler wie möglich).

Anglais

I realized how much  incredible it was that french is a muted language (in the sense that its letters are). It may even be one of the less economical european language. In that text, I put in red the letters that are not heard (two-letter sounds like « an » in french included). I then translated (more or less approximately) this little comment in a few languages that I master (please forgive the possible small mistakes).

Espagnol (attention traduction très bof)

Me di cuenta de lo mucho que increíble que es el lenguaje francés silenciado (en el sentido que sus letras le son). Es quizás uno de los menos económicos lenguajes europeos. En ese texto, puse en rojo las letras que no se oído (de dos letras sonidos como « an » en francés incluidos). Luego traduje (más o menos aproximadamente) ese pequeño comentario en algunas idiomas que domino (por favor perdonen los pequeños errores que estan posibles).

Espéranto

Mi rimarkis kiom nekredebla ĝi estis ke franco estas silentigita lingvo (en la senco ke ĝia literoj estas). Ĝi povas eĉ esti unu el la malpli ŝparemaj Eŭropa lingvo. En tiu teksto, mi metis en ruĝa la literojn kiuj ne aŭdis (du-literoj sonoj kiel « an » en franco inkludita). Mi tiam tradukis (pli aŭ malpli proksimume) ĉi tiu malgranda komento en kelkaj lingvojn kiujn mi majstras (bonvolu pardoni la eblajn malgrandajn erarojn).

Résultat

En français, le texte compte 514 caractères, dont 114 (22%) sont muets.

En allemand, le texte compte 513 caractères (autant dire comme en français), dont 43 (8%) sont muets.

En anglais, le texte compte 422 caractères (18% de moins qu’en français), dont 43 (10 %) sont muets.

En espagnol, excuse soit faite de la très mauvaise traduction, le texte compte 441 caractères (14% de moins qu’en français), dont 11 (2%) sont muets.

En espéranto, le texte compte 428 caractères (17% de moins qu’en français), dont 1 (0,2%) est muet, et il fait partie du son français « an » dont je parle en chaque langue !

Bon, mon texte n’est pas très long mais il m’a demandé du travail et je me permets de conclure en remarquant que l’allemand dispute au français la palme de la langue la moins économique tout comme l’anglais dispute celle de la langue la plus courte à l’espéranto. Le prix de la langue la plus muette revient au français (je n’avais pas commencé le comptage avant d’entamer l’article mais c’était vraiment évident) avec 22% de caractères muets. Et curieusement, l’allemand est la langue qui a la plus faible proportion de caractères muets, avec 8% seulement (j’excepte ici l’espéranto qui est l’ennemi juré du gaspillage de toute manière). Le parallèle est étonnant aussi entre l’espagnol et l’anglais ; la première est une langue complètement romane tandis que la deuxième se revendique pour grande partie du germanique, et ce sont pourtant les deux langues de l’analyse qui partagent les données les plus proches.

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Triturations graphiques

Chaque première lettre du sigle ISO 639 des langues que j’apprends donne federeep (français anglais allemand espagnol russe grec espéranto pozdowien – oui, il y en a une qui n’existe pas mais c’est normal, je l’invente). On peut former avec la conjugaison « préférée » et le néologisme anglais « prefereed » en doublant le R, qui en est synonyme et dont la dernière syllabe forme aussi « reed », un homophone de « read » (car je n’ai que faire du roseau et de son palindrome « deer », le cerf). On y voit aussi « fédérée », comme si la norme ISO fédérait mon apprentissage.

Endeesrueleo est l’alignement de toutes les lettres des sigles ISO des langues existantes que j’apprends, qui constitue aussi des mots existants les uns après les autres : « Ende », la « fin » en allemand, « es », « ce » en espagnol, « rue » en français et « leo », le « lion » en latin.

Si on garde la première lettre du nom français de toutes les langues existantes que j’apprends en exceptant le français et l’anglais, ça donne aaerge, où on voit « garée », dont le lien avec la linguistique est évident (ah bon ?).

Quoi ? J’avais du temps à perdre, vous dites ?

 

 

Un article très original

Bonne année !

Voilà, je tenais à être la 611ème fois que vous voyez cette formule aujourd’hui. Si c’est vraiment votre 611ème fois aujourd’hui, faites-le moi savoir.

J’espère que cette année sera aussi bonne pour vous qu’elle le sera pour mon autre blog, Cinémanonyme, qui parle de cinéma et qui est beaucoup mieux que celui que vous lisez en ce moment ! N’hésitez pas à vous abonner ou à le faire connaître, car le pauvre petit blog existe depuis un an et demi et seulement 250 personnes l’ont consulté en 2015. 😦 Tout coup de pouce est le bienvenu.

Cordialement, un Ork du nouvel an.

 

banniereC3PO

Conjugaisons et mnémotechnique

Ah, les conjugaisons. L’immortel douloureux bonheur de leur apprentissage pour le polyglotte. Une langue a beau promettre de ne se composer que de vocabulaire, d’idiomes et de conjugaisons, ce dernier élément n’en reste pas moins la bête noire de l’apprenant, se terrant dans les recoins sombres du langage, prête à lui sauter dessus à la moindre erreur.

Il est fascinant de comparer la difficulté réelle de la conjugaison d’une langue (notez que je ne parle que de conjugaisons mais que cette règle s’étend à n’importe quelle autre facette de la langue) et la difficulté que l’étudiant ressent à cause seulement de son exotisme.

Pour me prendre en exemple : I am français. J’ai appris l’anglais très tôt et je ne me souviens pas avoir ressenti de difficultés particulières à apprendre ses conjugaisons. Mais en y repensant bien, j’aurais pu. Les conjugaisons anglaises sont globalement simples et régulières, et du moment qu’on connait les irrégularités importantes, c’est une partie de plaisir. Les autres verbes irréguliers sont certes un point bloquant, qui empêchent celui qui affirme que tout y est simple de le crier trop fort. Je ne les ai jamais appris par cœur, et je les sais maintenant (ça aide, 6 ans de VO au cinéma). Autre aspect : les conjugaisons anglaises, quoi qu’en disent ceux qui le parlent depuis longtemps, ne sont pas du tout  sur le modèle latin, en particulier avec cette histoire d’auxiliaire futur. Un peu d’exotisme donc.

Laissons l’allemand de côté : c’est comme l’anglais. Une deuxième langue européenne qui peut tromper le français par son schéma.

Passons maintenant à une langue bien latine : l’espagnol. Un français qui l’apprend, ou bien un espagnol apprenant le français (ça marche dans les deux sens) passera bien des nuits blanches à se lamenter sur son sort : pourquoi tant d’irrégularités ? Pourquoi aucune auxiliarité ? Par ce néologisme, je pointe du doigt l’absence d’auxiliaire futur (will en anglais, werden en allemand) qui fait de ce temps un prétexte autre que les temps du passé pour s’arracher les doigts et se mordre les cheveux. En français, « j’irai », du verbe « aller », comme dans « tu vas ». En espagnol, « iré » du verbe « ir » (enfin une cohérence !) comme dans « vas » ( 😦 ). Bref, les langues latines détiennent le chapeau des conjugaisons les plus irrégulières et les plus abruptes. Couronne basse à elles.

Et, le clou du gâteau, la cerise sur le spectacle que j’ai gardée pour la faim (notez la conjugaison de « gardée » qui indique que j’ai gardé la cerise à manger, pas le clou – faut pas exagérer) : le grec (moderne). Dernière langue de la famille hellénique. Un concentré d’exotisme. Une logique évidente : deux fois deux formes (fo/pso et fa/psa) qui s’appliquent respectivement au présent et au futur puis à l’imparfait et à l’aoriste au premier groupe, et deux autres fois deux formes (po/pisso et poussa/pissa) qui s’appliquent respectivement au présent et au futur puis à l’imparfait et à l’aoriste au deuxième groupe. Sous cette rectitude séduisante se cache une bête noire encore plus grosse pour l’étudiant, qui se perd aisément, récitant avec difficulté les désinences bégayatoires et mnémophobes de l’hellène (sans majuscule).

Pourquoi se perd-il ? Car ce résidu linguistique d’âges éteints qu’est le grec moderne ne répond à aucune idée qu’on se fait d’une langue, via la langue latine qu’on connaît nativement ou la langue germanique qu’on apprend par passion ou par nécessité (comme l’anglais). C’est la même chose pour un anglais apprenant le français. Tant qu’on ne connait pas le modèle de conjugaisons, c’est extrêmement dur à apprendre. Connaître l’espagnol aide un anglais en français, connaître l’anglais aide un français en allemand. En grec, on ne peut s’aider de rien, et on baragouine. Alors imaginez un grec apprenant le français : c’est pour lui exotique, irrégulier et illogique.

 

Voilà pour cette petite analyse linguistique qui m’a bien fait plaisir à écrire. J’espère que vous en avez eu autant à me lire. Et n’oubliez pas, vous parlez une des langues les plus dures et illogiques qui soient, alors sachez apprécier de savoir spontanément vos subjonctifs et autres joyeusetés du français !

Estimation inutile et bancale de tous les mots que je connais

Par recoupement de plusieurs sources, j’ai évalué ainsi le nombre de mots que je connais en n’importe quelle langue.

Ma langue maternelle est le français, dont l’usage usuel compte environ 30 000 mots qu’une personne cultivée connait. Je pense avoir un bon niveau de français, je vais donc garder l’idée de 25 000 mots que je connais en cette langue.

J’ai un niveau correct d’anglais dont l’usage usuel compte 200 000 mots. Si je place mon expérience en anglais proportionnellement à mon niveau de français, il semblerait que je connaisse plus de mots dans la langue de Shakespeare que dans celle de Molière. Bizarre. Par souci de ne pas gonfler les statistiques, je ne vais compter que 20 000 mots en anglais (c’est déjà pas mal non ? Je n’aurais jamais dit en savoir autant mais les statistiques tendent à me l’affirmer).

Sans plus trop me fier aux sources, je vais estimer à 500 le nombre de mots que je maîtrise en allemand, 300 en espéranto, 200 en espagnol, 50 en russe et 20 en grec.

Ah oui, et aussi 200 dans la langue que je suis en train d’inventer (qui en compte pour le moment 800 au total). Ça fait donc un total de 46300. Voilà le résultat complètement faux mais marrant à calculer auquel je suis arrivé après mes recherches stériles.

 

Un truc stupide en français – 3

Dans la forme « être issu de », le participe passé « issu » n’a pas d’infinitif.

Un truc stupide en français – 2

Faire long feu

L’expression « faire long feu » signifie échouer, par analogie à la poudre d’un mousquet qui se consume lentement au lieu de détoner. L’expression « ne pas faire long feu » signifie aussi échouer, par analogie à un feu de paille qui ne dure pas.