Un article très original

Bonne année !

Voilà, je tenais à être la 611ème fois que vous voyez cette formule aujourd’hui. Si c’est vraiment votre 611ème fois aujourd’hui, faites-le moi savoir.

J’espère que cette année sera aussi bonne pour vous qu’elle le sera pour mon autre blog, Cinémanonyme, qui parle de cinéma et qui est beaucoup mieux que celui que vous lisez en ce moment ! N’hésitez pas à vous abonner ou à le faire connaître, car le pauvre petit blog existe depuis un an et demi et seulement 250 personnes l’ont consulté en 2015. 😦 Tout coup de pouce est le bienvenu.

Cordialement, un Ork du nouvel an.

 

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Conjugaisons et mnémotechnique

Ah, les conjugaisons. L’immortel douloureux bonheur de leur apprentissage pour le polyglotte. Une langue a beau promettre de ne se composer que de vocabulaire, d’idiomes et de conjugaisons, ce dernier élément n’en reste pas moins la bête noire de l’apprenant, se terrant dans les recoins sombres du langage, prête à lui sauter dessus à la moindre erreur.

Il est fascinant de comparer la difficulté réelle de la conjugaison d’une langue (notez que je ne parle que de conjugaisons mais que cette règle s’étend à n’importe quelle autre facette de la langue) et la difficulté que l’étudiant ressent à cause seulement de son exotisme.

Pour me prendre en exemple : I am français. J’ai appris l’anglais très tôt et je ne me souviens pas avoir ressenti de difficultés particulières à apprendre ses conjugaisons. Mais en y repensant bien, j’aurais pu. Les conjugaisons anglaises sont globalement simples et régulières, et du moment qu’on connait les irrégularités importantes, c’est une partie de plaisir. Les autres verbes irréguliers sont certes un point bloquant, qui empêchent celui qui affirme que tout y est simple de le crier trop fort. Je ne les ai jamais appris par cœur, et je les sais maintenant (ça aide, 6 ans de VO au cinéma). Autre aspect : les conjugaisons anglaises, quoi qu’en disent ceux qui le parlent depuis longtemps, ne sont pas du tout  sur le modèle latin, en particulier avec cette histoire d’auxiliaire futur. Un peu d’exotisme donc.

Laissons l’allemand de côté : c’est comme l’anglais. Une deuxième langue européenne qui peut tromper le français par son schéma.

Passons maintenant à une langue bien latine : l’espagnol. Un français qui l’apprend, ou bien un espagnol apprenant le français (ça marche dans les deux sens) passera bien des nuits blanches à se lamenter sur son sort : pourquoi tant d’irrégularités ? Pourquoi aucune auxiliarité ? Par ce néologisme, je pointe du doigt l’absence d’auxiliaire futur (will en anglais, werden en allemand) qui fait de ce temps un prétexte autre que les temps du passé pour s’arracher les doigts et se mordre les cheveux. En français, « j’irai », du verbe « aller », comme dans « tu vas ». En espagnol, « iré » du verbe « ir » (enfin une cohérence !) comme dans « vas » ( 😦 ). Bref, les langues latines détiennent le chapeau des conjugaisons les plus irrégulières et les plus abruptes. Couronne basse à elles.

Et, le clou du gâteau, la cerise sur le spectacle que j’ai gardée pour la faim (notez la conjugaison de « gardée » qui indique que j’ai gardé la cerise à manger, pas le clou – faut pas exagérer) : le grec (moderne). Dernière langue de la famille hellénique. Un concentré d’exotisme. Une logique évidente : deux fois deux formes (fo/pso et fa/psa) qui s’appliquent respectivement au présent et au futur puis à l’imparfait et à l’aoriste au premier groupe, et deux autres fois deux formes (po/pisso et poussa/pissa) qui s’appliquent respectivement au présent et au futur puis à l’imparfait et à l’aoriste au deuxième groupe. Sous cette rectitude séduisante se cache une bête noire encore plus grosse pour l’étudiant, qui se perd aisément, récitant avec difficulté les désinences bégayatoires et mnémophobes de l’hellène (sans majuscule).

Pourquoi se perd-il ? Car ce résidu linguistique d’âges éteints qu’est le grec moderne ne répond à aucune idée qu’on se fait d’une langue, via la langue latine qu’on connaît nativement ou la langue germanique qu’on apprend par passion ou par nécessité (comme l’anglais). C’est la même chose pour un anglais apprenant le français. Tant qu’on ne connait pas le modèle de conjugaisons, c’est extrêmement dur à apprendre. Connaître l’espagnol aide un anglais en français, connaître l’anglais aide un français en allemand. En grec, on ne peut s’aider de rien, et on baragouine. Alors imaginez un grec apprenant le français : c’est pour lui exotique, irrégulier et illogique.

 

Voilà pour cette petite analyse linguistique qui m’a bien fait plaisir à écrire. J’espère que vous en avez eu autant à me lire. Et n’oubliez pas, vous parlez une des langues les plus dures et illogiques qui soient, alors sachez apprécier de savoir spontanément vos subjonctifs et autres joyeusetés du français !

Estimation inutile et bancale de tous les mots que je connais

Par recoupement de plusieurs sources, j’ai évalué ainsi le nombre de mots que je connais en n’importe quelle langue.

Ma langue maternelle est le français, dont l’usage usuel compte environ 30 000 mots qu’une personne cultivée connait. Je pense avoir un bon niveau de français, je vais donc garder l’idée de 25 000 mots que je connais en cette langue.

J’ai un niveau correct d’anglais dont l’usage usuel compte 200 000 mots. Si je place mon expérience en anglais proportionnellement à mon niveau de français, il semblerait que je connaisse plus de mots dans la langue de Shakespeare que dans celle de Molière. Bizarre. Par souci de ne pas gonfler les statistiques, je ne vais compter que 20 000 mots en anglais (c’est déjà pas mal non ? Je n’aurais jamais dit en savoir autant mais les statistiques tendent à me l’affirmer).

Sans plus trop me fier aux sources, je vais estimer à 500 le nombre de mots que je maîtrise en allemand, 300 en espéranto, 200 en espagnol, 50 en russe et 20 en grec.

Ah oui, et aussi 200 dans la langue que je suis en train d’inventer (qui en compte pour le moment 800 au total). Ça fait donc un total de 46300. Voilà le résultat complètement faux mais marrant à calculer auquel je suis arrivé après mes recherches stériles.

 

Un truc stupide en français – 3

Dans la forme « être issu de », le participe passé « issu » n’a pas d’infinitif.

Un truc stupide en français – 2

Faire long feu

L’expression « faire long feu » signifie échouer, par analogie à la poudre d’un mousquet qui se consume lentement au lieu de détoner. L’expression « ne pas faire long feu » signifie aussi échouer, par analogie à un feu de paille qui ne dure pas.

Mon cerveau n’est pas moi

Parmi toutes les théories plus ou moins farfelues qui circulent / ont circulé sur le cerveau, comme celle qui prétend que le cerveau n’est utilisé qu’à une fraction de ses capacités parce qu’il a en réalité un potentiel télépathique inexploité, ou celle qui argue qu’il permet l’accès à une dimension artistique hors de notre monde, pourquoi n’ai-je jamais entendu parler de celle certifiant que le cerveau ne nous caractérise pas ?

Plus concrètement, selon cette théorie que je n’affirmerais jamais devant une communauté scientifique, quand bien même je serais l’un d’eux, pourquoi ne s’est-on pas encore dit que le cerveau était quelque chose qu’on nous a mis dans le crâne (au sens propre) pour nous accompagner, nous mortels, le long de notre piètre chemin de la vie ? Je ne sous-entend personne derrière le « on » (pas de dieu ni d’extraterrestre là-dedans), mais cet organe est encore tellement mystérieux et laisse entrevoir de telles perspectives qu’il est bizarre de penser que c’est vraiment nous, ces pensées qui le traversent sous la forme d’infimes signaux électriques…

Je me suis fait cette remarque d’une façon bien singulière. Je suis convaincu – en plus de simplement le savoir – que le cerveau travaille tout seul, même quand on pense au repas de ce soir. Travaille à des interactions d’une ampleur qu’on n’imagine peut-être pas. Après tout, de nouvelles connexions neuronales s’effectuent chaque jour sans qu’on demande quoi que ce soit consciemment.

Et souvent, quand je cherche quelque chose dans ma mémoire, il suffit que je laisse ma demande en attente et mon esprit me faxe la réponse au moment où je m’y attends le moins, sans y réfléchir. Et l’autre jour, quand ça m’est arrivé pour la dernière fois, j’avais vraiment besoin de la réponse et quand je l’ai reçue, j’ai pensé « merci, cerveau ». Et je me suis senti fier. Mais comme si ça ne venait pas de moi, comme si c’était le machin dans ma tête qui était fier que je l’aie remercié. Bizarre.

En fait, c’est sûrement moi qui suis bizarre.

Un truc stupide en français – 1

Le subjonctif

Le subjonctif, c’est comme l’indicatif mais après le mot « que ».