Utiliser la mémoire à court terme comme bloc-notes

Vous devez absolument retenir une ou plusieurs choses importantes, et vous n’avez pas de de crayon ? De carnet ? Ou les deux ? Erreur ! Tout est dans votre tête. Voici un petit guide sur ma façon d’utiliser la mémoire à court terme comme bloc-notes.

La mémoire

Il y a deux types de mémoire : la mémoire à long terme et la mémoire à court terme. La première est celle qui contient les souvenirs et vous permet de vous rappeler entre autres les phrases qui vont ont marqué ou bien les grands évènements de votre vie. La seconde est celle qui traite les informations peu importantes ou celles dont vous n’aurez bientôt plus besoin. Par exemple, quel est le câble d’alimentation de votre grille-pain dans ce foutoir de câbles ? Vous avez besoin de le savoir une fois tous les six mois, vous l’aurez donc de nouveau oublié dans la semaine si vous avez une mémoire dans la norme.

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Exploiter la mémoire courte

La survie des informations dans la mémoire à court terme dépend de leur importance. Une information peut durer plusieurs jours, mais on estime qu’un élément bénin ne survit que 18 secondes si on ne fait pas l’effort de s’y attacher.

S’attacher à une information, c’est se concentrer dessus et s’assurer régulièrement que vous l’avez toujours à l’esprit. C’est beaucoup plus efficace si vous n’êtes pas potentiellement distrait par votre environnement. En théorie, vous pouvez garder n’importe quoi dans la mémoire à court terme tant que vous avez la capacité de vous concentrer. Mais je vous préviens, c’est une concentration de tous les instants, très usante.

Un seul élément

Imaginons que vous deviez vous souvenir absolument de « nettoyer la litière du chat« . Retenez « litière » et répétez-le vous en esprit (à haute voix, ça peut aider aussi). Une fois que vous aurez le temps de vous en occuper, votre cerveau fera automatiquement le lien entre « litière » et « nettoyer la litière du chat » (un phénomène que je vais appeler « compression » par facilité). Il y a peu de chances que vous vous disiez soudain : « mais à quoi devais-je penser à propos de cette litière ? » (une des beautés de l’esprit humain).

Plusieurs éléments

Là où ce système est magnifique, c’est dans la nécessité de retenir plusieurs choses en même temps. Voyez votre cerveau comme un ordinateur.

Imaginons que vous deviez vous souvenir de « nettoyer la litière du chat, appeler le plombier, vérifier votre compte en banque, vous documenter sur l’effet du magnésium sur l’humeur et changer l’ampoule du salon« .

Pour retenir tout ça, il faut « convertir »  chaque information en quelque chose que la mémoire courte puisse traiter. Commençons par réduire chaque information par le mot-clé de chacune : le format « texte ».

« Litière, plombier, banque, magnésium, ampoule »

C’est déjà mieux. Notez que l’information « magnésium » n’a pas besoin de tous ces détails. Par compression, le cerveau fera automatiquement le lien entre « magnésium » et l’étude que vous vouliez en faire des effets sur l’humeur.

Si c’est encore trop long ainsi, prenez les initiales.

« LPBMA »

Voilà de quoi satisfaire votre mémoire courte. Répétez-vous ces lettres régulièrement et vous devriez vous souvenir de tout, à condition d’avoir bien fait le lien, en esprit, entre la lettre et ce que vous vouliez retenir (chose que le cerveau facilite tout seul). Vous pouvez changer l’ordre des lettres comme ça vous arrange, mais pas trop souvent, ou bien vous oublierez tout.

Autres formats

J’entre là dans ma façon personnelle de faire. Tout comme je ne connais pas vos limites mémorielles, je ne connais pas votre façon de retenir les choses. Je parle donc ici à titre personnel.

Image – On a vu ici le format « texte ». Mais pour les longues listes, vous pouvez aussi utiliser le format « image ». Il suffit de remplacer, par exemple, l’information « changer l’ampoule du salon » par une image d’ampoule. La variation facilite la mémorisation, mais l’image est plus lourde pour la mémoire courte que le texte.

Tiroir – Un autre format que j’utilise est le « tiroir ». Il suffit que vous gardiez en tête qu’une information est liée à une autre. Par exemple, vous pouvez retenir à la fois « changer l’ampoule du salon » et « racheter des ampoules » si, à l’évocation du libellé « ampoule », vous restez conscient que cela signifie deux choses

Évocation – Le dernier format est le plus fascinant. Je l’utilise pour les longues listes, au moment où je commence de me dire « ça fait trop ! Jamais je ne retiendrai tout ça ! ». Quand vous récitez votre liste de choses à retenir, ajoutez à la fin « et trois autres choses ». Grâce à la magie du cerveau, vous serez surpris de voir que vous vous souvenez de ces trois autres choses sans leur avoir accordé plus d’importance ! Mais si vous débutez dans la mnémotechnie, je vous conseille d’éviter ce système dans un premier temps.

Autres aspects

Ce système marche la nuit, quand vous récitez une liste en vous couchant. Il suffit ensuite d’y repenser dès le lever. Vous connaissez mieux votre esprit que moi, à vous de voir s’il vous rappelle tout seul au contenu de votre mémoire courte.

Notez que je vous conseille tout de même de noter votre liste le plus vite possible sur un vrai bout de papier.

J’ai décidé d’écrire cet article après avoir retenu pendant deux heures une liste de onze petites choses à faire, dont l’une était d’écrire cet article !

Retenir des choses à faire avant d’aller se coucher

Il vous est sûrement déjà arrivé de vous dire que vous aviez oublié de faire ou de noter quelque chose, une fois douillettement installé dans votre lit ? Comme il a déjà dû vous arriver de vous dire « oh, je m’en souviendrai » pour penser, le lendemain : « mais, je suis sûr que j’oublie quelque chose ? ».

Il n’y a rien de plus horripilant quand plusieurs choses à faire s’empilent alors qu’on s’endort. Dans ma modeste générosité, je vous confie donc quelques conseils pour mieux vous souvenir de ce que vous aviez oublié avant de vous coucher.

  • Associez un mot unique ou une expression éloquente à l’idée que vous avez eu. Par exemple, pour « se souvenir d’écrire la liste de courses », associez « courses » ;
  • répétez-vous les différents mots-clé de ce que vous devez retenir. Par exemple, pour « se souvenir d’écrire la liste de courses, de vérifier que l’eau est bien coupée pour l’hiver et que le chat a bien été vacciné », répétez-vous « courses, occoupée, chacciné ». Ce n’est qu’une solution parmi d’autres, mais rien de tel que la loufoquerie pour ce qui est mnémotechnique ;
  • pour améliorer vos chances de vous souvenir de tout ça, associez une image à chaque fois que vous répétez une idée. Par exemple, pour « se souvenir d’écrire la liste de courses, de vérifier que l’eau est bien coupée pour l’hiver et que le chat a bien été vacciné », pensez tour à tour à une liste, à un robinet et à une seringue. Là encore, assurez-vous que la technique est la votre.

Vous allez me dire : « mais comment se souvenir de se souvenir de tout ça ? », mais en réalité, une fois les notions de base assimilées par le cerveau, il se débrouille, et se chargera de vous faire réaliser, au réveil, que vous avez des choses auxquelles penser…et elles reviendront d’elles-même !